O Mensch! Aux origines, la rencontre d'un compositeur, Pascal Dusapin, et d'un chanteur, Georg Nigl, autour d'un opéra, Faustus, the Last Night, créé en 2006. Une collaboration poursuivie pour un nouvel opéra, Passion, représenté à Luxembourg en 2010. Ensuite, Georg Nigl a souhaité que Pascal Dusapin lui compose quelques lieds à insérer dans un récital. Mais bien vite, le compositeur a eu le désir de se risquer à un cycle, beaucoup plus long et diversifié dans l'expression des émotions. Une belle occasion de concrétiser sa prédilection pour les poèmes de Nietzsche. Il ne s'agissait pas de faire quelque chose "sur" ou "avec" Nietzsche, mais, pour Dusapin, de composer "son" Nietzsche.

Le résultat: O Mensch!, 27 pièces dont 4 interludes pour piano seul; une promenade où se croisent des thèmes aussi différents que l'humanité, les hauteurs, la nuit, la mort, le désespoir, l'amour, le secret, Richard Wagner, la nature, le gai savoir, le tonneau de Diogène, la gloire, la lune.

Scéniquement, un piano, un homme qui chante, des ombres, des contours, quelques apparences toujours voilées, l'allure d'un homme qui marche, qui cherche, un ou deux visages, des expressions de la lumière et du feu. Et un écran d'eau, réceptacle de toutes les évocations scéniques, produit d'une technologie aussi originale que complexe. L'espace sonore fera aussi l'objet d'un traitement particulier créant des lieux de réverbération dissemblables, d'une grande intensité poétique.

Pascal Dusapin s'est également préoccupé du "corps chantant" de son interprète, souhaitant déjouer ses habitudes, "composer" avec lui un catalogue de postures non "naturelles", découvertes notamment dans l'histoire de la photographie, mais exprimant une mémoire du corps particulière, comme une convenance ancienne dont on aurait oublié les modes de décryptage!

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