©Patrick BergerAirs rêveurs ou enflammés, ensembles cocasses ou dramatiques conduisent sept personnages sous de riantes frondaisons, jusqu'aux ombres de la déraison. Ils vont se jouer les uns des autres, se désirer en vain, puis se retrouver après une nuit de démence. Dans cette comédie douce-amère, ils acquièrent une vraie épaisseur humaine et une grande poésie, notamment le personnage de Violante, marquise que son fiancé a manqué de tuer dans un accès de jalousie et qui a trouvé refuge chez un podestat libidineux sous un humble costume de jardinière. Mozart a 18 ans lorsqu'il termine la composition de cette Finta Giardiniera créée à Munich en 1775. Il n'a pas encore composé ses grands ouvrages de maturité, mais il est déjà passé maître dans l'art de manier les formes de son temps et de leur insuffler théâtralité fiévreuse et humanité généreuse. Il en va ainsi de cet opera buffa irrésistible de drôlerie, étreignant d'émotion.

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