Refusant de faire ses devoirs, un enfant s'en prend à son chat et maltraite son écureuil. Mais voici que prennent vie le fauteuil et l'horloge, que le feu se fait menaçant et que l'ombre envahit la pièce.

C'est le début d'un voyage merveilleux et inquiétant : Colette "qui signe le livret de l'enfant et les sortilèges "sait bien que tout désir a son revers, et qu'il faut apprendre à le dompter pour grandir.

Assoiffée de liberté, la musique de Ravel mêle avec bonheur les styles "de la polyphonie à la valse, du ragtime à la polka "et trouve les notes justes pour exprimer les sortilèges de l'inconscient.

Le Nain pose ce même regard lucide et impitoyable sur les ombres de l'enfance. Il fallait l'esprit brillant et assassin d'oscar Wilde pour imaginer l'histoire de l'infante d'espagne à qui l'on offre, en guise de jouet, un nain qui se croit noble chevalier et finira terrassé en découvrant son reflet dans le miroir.

Zemlinsky compose une musique d'une concision et d'une efficacité dramatique redoutables, qui rend bouleversante cette tragédie de la cruauté.

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