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L'Egisto | Paris | Théâtre de l'Athénée | 19/10/2011 |
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Jérôme Correas (dm) Jean-Denis Monory (ms) Françoise Denieau (chg) Adeline Caron (sc) Chantal Rousseau (c) Olivier Oudiou (l) |
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![]() photo © Didier Saulnier Le théâtre de l'Athénée poursuit sa politique exemplaire d'accueil de spectacles variés et novateurs. Ce n'est pas l'Egisto vénitien de Cavalli qu'il présente, mais un plus rare Egisto de Marazzoli et Mazzocchi, créé à Rome quelques années plus tard. Ce fut aussi le premier opéra italien présenté à Paris (ou du moins à la cour!), sous l'impulsion du cardinal Mazarin. On y trouve un mélange archaïque et savoureux de scènes nobles, de commedia dell'arte et de scènes burlesques en napolitain. Un tel mélange convenait idéalement à un travail en compagnie de jeunes chanteurs, mené grâce à la fondation Royaumont. Les artistes doivent savoir passer de la voix parlée à la voix chantée, mais aussi utiliser différentes nuances de voix parlée et différents degrés et timbres de voix chantée, notamment en passant d'un personnage à un autre! Ils s'en sortent tous très bien. Si les voix sont plus ou moins "belles", ce qui n'est justement pas le but, on ne regrette que l'émission très pharyngée de Blandine Folio Peres. Les costumes, inspirés de l'époque, sont beaux et efficaces, comme les lumières qui les mettent en valeur sans surprise. Le décor de planches pouvant être dressées à la verticale aurait pu être plus développé et mieux utilisé. Le personnage principal étant sublimement bon, il paraît tout aussi sublimement niais mais est récompensé à la fin. « Chi soffre, speri » est en effet le sous-titre de l'oeuvre! Les femmes qui l'entourent sont heureusement plus mesquines et intéressées, et les intermèdes bouffe dissipent régulièrement l'ennui qui pourrait s'installer. Sous la direction de Jérôme Correas, Les Paladins jouent avec un élan constant, parfaitement en phase avec le plateau. Les sonorités des cornets à bouquin sont particulièrement savoureuses. Ils démontrent ainsi leur excellence dans un répertoire où l'on attend davantage le Poème Harmonique de Vincent Dumestre. Et aux saluts finaux, c'est à l'Opéra Comique que l'on croit se trouver, tant l'effectif et l'impact scénique de cette production semblent déborder les dimensions de la scène de l'Athénée! À voir au Théâtre de l'Athénée jusqu'au 23 octobre puis à Massy, Poissy et Herblay en février 2012. Alain Zürcher |
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